Aujourd’hui j’ai quitté mon JOB

Aujourd’hui j’ai fait un truc dingue: j’ai quitté mon job. Après 11 ans (ONZE ANS!) de bons et loyaux services. J’ai pris rendez-vous avec mon chef et je lui ai dit: “Chef, il est temps que je parte”. Je me suis entendue lui expliquer mes raisons, et bizarrement ça sonnait assez naturel.

Je ne sais pas quelle est la question à laquelle je préfère répondre en premier: “pourquoi t’as quitté ton job?”, ou “Mais comment t’a fait pour rester 11 ans au même endroit?”. La réponse de l’une découle de l’autre. Quand j’ai commencé ce job, j’aimais ce que je faisais, j’aimais les gens, j’aimais le cadre, j’aimais me sentir utile, ça me donnait du sens. Ça a duré longtemps.

Le temps à passé, j’ai changé de fonction, j’ai pris des responsabilités. Et puis encore. Au début c’était chouette. Les voyages, les collègues, le sentiment d’être un maillon de la chaîne. Au fur et à mesure de mon évolution professionnelle, j’ai vécu la dégringolade de ma vie privée et sociale. Tensions et les conflits avec des collègues sont devenus monnaie courante, les heures supplémentaires se sont multipliées, les nuits à l’étranger ont augmenté. Trop fatiguée pour voir mes amis et pour sortir, trop nerveuse pour me détendre. Trop usée pour être patiente. Trop occupée à courir pour m’en rendre compte. Courir pour terminer un dossier. Courir pour arriver à l’heure à cette réunion. Courir pour faire mes courses. Courir pour aller chez le médecin.

Un matin je me suis levée pour aller travailler. C’était pas une journée comme les autres, c’était l’assemblée générale de la boîte. D’habitude, c’est le meilleur jour de l’année, on rencontre des gens, on assiste à des conférences, on participe à des débats. On en profite pour discuter avec les collègues qu’on voit peu. Ce matin là, il faisait beau et je rentrais de vacances, pourtant… J’ai du me forcer à aller au bureau. Il y avait déjà du monde quand je suis arrivée et au milieu de la foule j’ai eu un déclic. Le même déclic que tu ressens quand tu te réveilles à côté de ton mec après 10 ans où la lassitude a pris le pas, et que tout à coup tu te dis “je ne l’aime plus”. Çà m’a fait pareil. Tout à coup l’évidence criante que c’était fini. La certitude d’avoir donné tout ce que j’avais à donner, qui sonne la fin d’un cycle.

C’est long un cycle de 11 ans pourtant. Je n’ai jamais rien fait d’autre qui ait duré si longtemps… Ça m’a fait un choc, ça m’a un peu attristée, et en même temps je me suis sentie pousser des ailes. Je vais enfin être libre. De ne plus courir. De ne plus devoir terminer un dossier. De ne plus arriver à l’heure pour une réunion. De ne plus aller chez le médecin. Faire quoi? On verra. Faire comment? A mon rythme.

Namasté,

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s